5 juin 2010 : James Taylor et Butane déflagrent à Weetamix PDF Imprimer Envoyer
Écrit par Deepvibe   
Vendredi, 11 Juin 2010 19:27

Nouvelle adresse, nouvelle ère et nouvelles sensations en ce chaud samedi 5 juin dans le célèbre club Weetamix du chemin Jacques-Phillibert de Sauvage à Châtelaine. Au programme, James Taylor (Swayzak) et Butane (Alphahouse), cocktail tout ce qu’il y a de plus explosif pour enflammer la superbe salle qui siège désormais à l’autre bout du bâtiment, le long du parking.

Première surprise et premières marres : la caisse se trouve littéralement dans une « caisse », une voiture parquée devant l’entrée... Trop drôle ! Accueil digne d’un VIP par le maître des lieux, Dimitri en personne, manifestement tout aussi impatient que nous à l’approche de la soirée exceptionnelle qui nous est annoncée.

Après avoir salué le staff comme il se doit, nous entrons dans le nouveau temple genevois de l’électro. Tout d’abord, quelques considérations techniques s’imposent : contrairement à la dernière soirée Alex Under, de superbes enceintes suspendues ont été installées, orientées face aux murs de baffles posés sur le sol des deux côtés du DJ, d’où un effet de compensation savamment dosé. La qualité du son n’a donc plus rien à voir avec ce que l’on a connu en avril. Les basses sont désormais restituées avec finesse, les aigus avec précision. Bref, la résonance qui nous avait interpellés il y a quelques semaines a été corrigée et ne vient plus ternir la qualité des tracks alimentant notre système auditif. Comme qui dirait, ça le fait et je m’empresse d’aller féliciter Dimitri pour cette nette amélioration acoustique. Il ne manque plus qu’un parquet dancefloor pour tutoyer la perfection. Dimitri me montre alors déjà la surface qu’il projette de recouvrir avec un véritable sol « piste de danse ». Super réceptif, en plus, le boss...

Jihell

 

Côté musique maintenant : et bien force est de constater que cette soirée explosive fut clairement à la hauteur des attentes. En guise d’intro, Jihell, que je ne connaissais pas, nous concocte un délicieux warm-up. Volume encore légèrement trop bas pour appréhender avec justesse la qualité sonore, mais l’artiste remédie rapidement à cela au fur et à mesure que la salle se remplit. Une bonne tek assez deep et entraînante, perclue de subtils sons discrètement syncopés, vient me bercer les tympans et me contraint déjà à entamer une somptueuse envolée vers un univers encore inexploré. Disons-le sans détour : ça commence bien, très bien même, et à ce rythme-là, le crescendo annoncé risque de laisser des traces. La barre étant déjà placée à un niveau ahurissant, je ne peux m’empêcher de penser : Pourvu que ça dure !

2h30 heures du mat’ déjà. Heureusement, ce n’est pas la grande foule et nous disposons de suffisamment d’espace pour exprimer « corporellement » nos émotions débordantes. James Taylor arrive aux platines. Et bien j’ai été particulièrement bluffé par l’énormité du set que nous a distillé ce DJ. De la pure tech-house bien sautillante agrémentée d’une minimale décapante. Un vrai régal ! Le compromis parfait entre dureté et délicatesse. Juste ce qu’il faut pour voyager, envolées planantes à l’appui. L’artiste électrise littéralement le public moyennant des morceaux d’anthologie sélectionnés avec virtuosité. Peu de séquences atmosphériques dénuées de beats, tout d’un coup, mais tout de même de splendides déflagrations lorsqu’il relance les basses via le bouton de commande correspondant. Quelques syncopages magnifiquement traduits par le nouveau « sound system » achèvent de me convaincre que j’ai choisi la bonne soirée. Au diable les autres événements « open air » qui concurrencent la Halle W ! C’est ici que ça se passe ; c’est ici qu’il faut être.

James Taylor

Quant à Butane, il n’est pas en reste. Malgré une arrivée assez tardive, son mix fait d’emblée une très forte impression avec des flambées techie dévastatrices. Les perles aériennes s’enchaînent implacablement et l’absorption est totale. J’ai carrément de la peine à ouvrir les yeux tant la puissance envoûtante de ses effluves électroniques est élevée. « Gazé », en quelque sorte, je ne me rappelle pas avoir déjà autant « décroché » à l’écoute d’un set électro. Un superbe voyage intérieur qui restera assurément gravé dans les annales. Quelle maîtrise de l’ensorcellement ! Une combustion percutante sans catalyseur à laquelle même les meilleurs ignifuges ne résisteraient pas...


La soirée bat son plein, l’asphyxie mentale n’est pas loin et lorsque je sors prendre l’air pour me remettre de mes émotions, je constate avec stupéfaction qu’il y a pratiquement plus de clubbers à l’extérieur en train de tchatcher qu’à l’intérieur. Décidément, cette petite escapade nocturne n’a pas fini de m’étonner. Je m’incruste à chaque fois que je peux dans l’une de ces mémorables discussions éthérées qui font la magie des soirées Weeta. L’euphorisation générale donne lieu à de superbes échanges. Douceur et clairvoyance se côtoient généreusement pour accoucher d’une incroyable atmosphère.

Du coup, la nuit file à une allure hallucinante et le jour pointe déjà le bout de son nez. Dur, mais c’est la règle pour profiter un minimum du dimanche : il est temps de rentrer au bercail. Je quitte donc péniblement les lieux pour regagner mes pénates, la mémoire encore empreinte de mille et une images indélébiles de cette savoureuse épopée noctambulesque. La zique, le son, le public, le partage, la magie.... tout y était. Longue vie à Weetamix !

 

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