Vendredi 1er mai 2009 : Derrick Carter investit Weetamix PDF Imprimer Envoyer
Écrit par Deepvibe   
Samedi, 09 Janvier 2010 20:22

Encore une soirée à faire saliver de nombreux clubbers ce vendredi 1er mai 2009. Au programme, Derrick Carter, acteur légendaire de la scène house de Chicago, accompagné du Londonien Luke Solomon et du pas moins respectable Reas de Genève. Bref, une affiche alléchante annonciatrice d’une soirée house d’excellente facture. Et bien nous n’avons pas été déçus. Je dirais même que cette nuit magique a dépassé toutes nos attentes…

24h45 : arrivée un peu plus tardive que d’habitude dans la Mecque européenne de l’électro suite à un petit imprévu dont je ne révélerai pas la teneur dans le présent texte. L’essentiel, c’est qu’il n’y avait aucune queue. En plus, du fait de mon arrivée avant 1h, le caissier m’annonce que l’entrée ne coûte que 15 francs. Vraiment insignifiant au vue de la soirée qui m’attend. Comme d’habitude, accueil courtois et tout sourire par le staff. Me voilà enfin à l’intérieur de ce lieu mythique à la décoration toujours aussi minimaliste. Un style en parfaite harmonie avec le public et la musique qui envahissent bimensuellement ce lieu, et dont la fusion finit généralement par former une indissociable unité alimentée par perfusion de BPM jusqu'à point d’heure. Mais trêve d’envolées lyriques !

1h00 : Aux platines, Reas nous distille une house plutôt old style de qualité, avec quelques passages vocalisés d’anthologie qui ne manquent pas de nous rappeler les excellentes soirées garage de feu Le Grillon. La salle est déjà bien pleine et le dancefloor commence à grouiller de « teufeurs » habitués du coin, ce qui renforce mon sentiment d’avoir judicieusement sélectionné ma soirée. Quelques cris stridents font déjà vibrer mes tympans lorsque Reas nous envoie une ligne de basses un peu plus lourde qui, elle, fait vrombir les membranes des magnifiques enceintes de la grande salle. Une sono d’ailleurs toujours aussi bien réglée par notre cher Dimitri. Bref, la suite s’annonce somptueuse et le public le sent bien : plus personne ne tient en place. Il ne manque plus que Derrick Carter pour lancer la machine...

1h30 environ : Après avoir applaudi Reas, l’enfant du pays, c’est à Luke Solomon de s’y coller. De la bonne house, mais sans plus. Peu de relief, voire du «  déjà entendu » par moments. Bref, visiblement rien d’exceptionnel et j’en profite pour aller tchatcher un peu vers les toilettes, haut lieu de rencontres en tous genres. A Weetamix, il n’y a pas de petits profits : même faire la queue pour aller pisser peut s’avérer très productif.

Derick carter

Vers 2h30, nous voyons une silhouette discrète s’avancer d’un pas décidé vers les platines. Nous y voilà ! La légende de la Chicago house balance sa première plaque. D’emblée, le ton est donné : une house assez rapide, environ 130 BPM, avec des sons secs et aigus très subtilement syncopés et une ligne de basses funky qui, dès les premiers beats, nous oblige à nous trémousser sans aucun effort, d’une manière presque automatisée et robotique. En contraste, des « charleys » synthétiques assez aigus qui résonnent légèrement et qui, distillés avec parcimonie, nous embarquent dans une compréhension toujours plus fine du track, preuve d’une qualité encore une fois irréprochable. Et bien c’est sur cette base que le généreux Derrick Carter parviendra à électriser son public jusqu’à la fermeture ! Même les vocales qui apparaissent de-ci de-là ne me choquent pas tant la qualité du morceau de fond est élevée. J’ai dû zapper un passage où Solomon a repris les platines avant de les laisser à nouveau au maître de Chicago avec ses réglages, d’où une mini-interruption pour rétablir les « préférences » de l’Américain, mais à part ça, fluidité et précision sonores ont été au rendez-vous pendant toute la nuit. En d’autres termes, un set impeccable. Du travail de pro !

6h30 : il se fait tard et la salle baigne déjà dans une douloureuse lumière qui ne pardonne rien. C’est l’heure d’aller « digérer » cette magnifique soirée qui laissera sans doute des traces compte tenu de l’état de fatigue et d’épuisement. Mais au diable les regrets : pour rien au monde je n’aurais raté l’une des rares visites de Carter à Genève. Et c’est avec cette conviction rassurante que je quitte les lieux après avoir salué pratiquement la moitié de la salle. Car Weeta, c’est plus qu’un club d’exception, c’est aussi une grande famille d’habitués qui ont vécu les débuts de l’aventure et qui sont toujours là lors des grands rendez-vous. Et ce n’est pas pour rien qu’ils ont pour la plupart répondu présents à cette fantastique soirée, dont la simple évocation me donne encore la chair de poule. On en redemanderait…

 

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